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Blog du Dr Raphaël Perez

"Prendre sa santé en main" "Créer une meilleure qualité de vie"

L'alimentation grasse altère les capacités sensorielles

L’alimentation grasse altère les capacités sensorielles

L’odorat est un de nos cinq sens. Il nous permet de nous situer dans notre environnement et de ressentir si celui-ci est favorable ou défavorable. Bien que moins développer chez l’homme, comparé à d’autres animaux comme le chien, l’odorat est essentiel à notre survie.

Nous savions déjà que l’alimentation affecte le fonctionnement du système nerveux. Les aliments sucrés et particulièrement les aliments avec un impact glycémique très important (sucre, biscuits, barres chocolatées, viennoiseries, pain blanc, etc.) peuvent dégrader les nerfs. Ce phénomène est bien visible lorsque la glycémie est élevée de manière régulière. Il est bien connu chez les diabétiques qui voient souvent leur sens du toucher perdre peu à peu de la sensibilité jusqu’à devenir totalement insensible, surtout au niveau des membres inférieurs.

Une étude récente vient de montrer que les graisses alimentaires modifient aussi l’état du système nerveux. Une alimentation grasse, caractéristique de l’alimentation industrielle modifie le fonctionnement de l’odorat en altérant son efficacité. Les scientifiques ont abouti à cette conclusion en étudiant le comportement des souris. Ils ont appris à des souris à associer une odeur à une récompense (l’eau).

Après cet apprentissage, les chercheurs ont séparé les souris en deux groupes, l’un recevant une « alimentation saine » et l’autre une « alimentation grasse ». Les souris recevant une alimentation grasse mettaient plus de temps à établir le lien entre l’odeur et la récompense, par comparaison au groupe témoin, ayant une alimentation saine.

Pour vérifier si l’apprentissage se trouvait aussi affecté, les scientifiques ont modifié les odeurs une fois les groupes de souris déjà constitués. Les souris avec l’alimentation grasse étaient également moins réactives à l’apprentissage. Elles ne conservaient que la moitié de leurs neurones actifs pour réagir aux signaux olfactifs. Le plus inquiétant provient de l’impact à long terme. Les souris, habituées à avoir une mauvaise alimentation, ont ensuite reçu l’alimentation saine du groupe témoin. Leur poids et leurs paramètres sanguins se sont améliorés, mais elles ont conservé des capacités olfactives amoindries.

La mauvaise alimentation, riche en graisses, amoindrit les capacités olfactives. La surcharge en gras dans l’alimentation altère la communication entre les neurones olfactifs et vraisemblablement aussi au niveau de l’ensemble du système nerveux. Une mauvaise alimentation peut donc laisser des traces neurologiques pour la vie future.

Les graisses conditionnent la communication cellulaire

Il est tout à fait normal que les graisses alimentaires modifient les capacités sensorielles olfactives et plus largement les capacités de fonctionnement du système nerveux. Comme les autres cellules, les neurones comportent beaucoup de graisses au niveau de leurs membranes, mais ils présentent la particularité d’être très riches en graisses polyinsaturés. Par conséquent, la proportion des différentes graisses dans l’alimentation influence la composition des membranes cellulaires et de ce fait la capacité des cellules à réagir vis-à-vis de l’environnement.

C’est ainsi que l’alimentation moderne, riche en graisses saturées et en acides gras trans, altère le fonctionnement des cellules nerveuses et leur capacité à communiquer entre elles. Les acides gras trans sont pires que les graisses saturées puisqu’ils prennent la place des acides gras essentiels (oméga-3 et oméga-6) dans les membranes cellulaires, en ayant des caractéristiques physico-chimiques très éloignées. Les membranes se rigidifient et les récepteurs sur ces membranes sont moins réactifs aux stimuli.

La teneur en graisses a aussi toute son importance. Les graisses alourdissent considérablement la digestion. Une alimentation riche en graisses est très fatigante à digérer pour l’organisme. Un organisme affaibli par un travail digestif trop important voit ses capacités sensorielles s’amoindrir. Tant que l’organisme est affaibli, les facultés neurologiques ne peuvent pas retrouver leurs capacités de fonctionnement initial.

De plus, des apports alimentaires importants et réguliers affectent négativement le métabolisme du glucose et la capacité de l’organisme à réguler sa glycémie. Or, le glucose est le carburant essentiel des cellules nerveuses. Le système nerveux n’est pas fait pour fonctionner efficacement avec peu de glucides et beaucoup de graisses dans l’alimentation.

La détérioration de l’état de neurones avec une moins bonne régulation de la glycémie s’ajoute à la diminution de l’efficacité des cellules nerveuses à fonctionner et à communiquer entre elles. Cela aboutit à une perte importante des facultés sensorielles. Par conséquent, une alimentation trop grasses et déséquilibrée en graisses essentielles altèrent les capacités de survie de l’organisme.

La situation est-elle irréversible ?

La mauvaise alimentation, ou l’alimentation riche en graisses dont il est question dans l’étude présentée précédemment, correspond à l’alimentation industrielle moderne, qualifiée par certains auteurs de « malbouffe ». Le déséquilibre en graisses d’une telle alimentation altère peu à peu les capacités de fonctionnement des cellules nerveuses. Lorsque le déséquilibre en graisses est bien installé, les troubles deviennent importants et un simple retour à une alimentation communément considérée comme équilibrée est insuffisant pour améliorer significativement l’état cellulaire.

Une amélioration de la composition en graisses des membranes des neurones ne peut apparaître rapidement que grâce à une réforme alimentaire en profondeur. Celle-ci correspond à une réduction de la quantité totale des graisses consommées (maximum 25% de l’apport alimentaire contre 35 à 40% dans l’alimentation moderne), mais aussi des graisses saturées et trans. Elle doit contenir une grande majorité de graisses insaturées et des apports importants en acides gras essentiels, dans des proportions physiologiques. Ces dernières correspondent à des apports de 1 acide gras oméga-3 pour 1 à 3 acides gras oméga-6. Au-delà de ces proportion, avec plus d’oméga-6 dans l’alimentation, le rééquilibrage des membranes cellulaires prend de nombreux mois voire des années.

source:

Thiebaud N, Johnson MC, Butler JL et coll. Hyperlipidemic Diet Causes Loss of Olfactory Sensory Neurons, Reduces Olfactory Discrimination, and Disrupts Odor-Reversal Learning. The Journal of Neuroscience, 14 May 2014, 34(20):6970-6984; doi:10.1523/JNEUROSCI.3366-13.2014

 

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À propos

Raphaël Perez

Auteur de 5 livres sur l'alimentation et la santé naturelle
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Commenter cet article

Fabien 30/07/2014 18:32

Cela permettrait de comprendre l'impact de l'alimentation industrielle sur les performances intellectuelles.
Merci pour cet article