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Blog du Dr Raphaël Perez

"Prendre sa santé en main" "Créer une meilleure qualité de vie"

La viande : un concentré de pesticides

Les pesticides dans la viande

Quand on pense pesticides, on pense immédiatement à la contamination des fruits, des légumes et éventuellement à celle des céréales. Tout simplement parce que nous ne parlons que des aliments sur lesquels les produits phytosanitaires sont pulvérisés, déversés, arrosés… Dans l’imagination commune, les autres aliments ne sont pas vraiment concernés. Et pourtant les pesticides ne se trouvent pas que dans les fruits et les légumes. Les viandes que nous consommons en contiennent aussi et même beaucoup plus que les fruits et légumes.

Comment les pesticides arrivent dans la viande

Tout au long de la chaîne alimentaire se produit le phénomène de bioaccumulation. Ce phénomène, connu depuis longtemps, signifie que plus animal se trouve haut dans la chaîne alimentaire, plus il concentre les produits toxiques. Par conséquent, les animaux carnivores sont exposés à une intoxication chronique aux pesticides plus forte que les herbivores. Les animaux herbivores issus des élevages intensifs contiennent beaucoup plus de résidus de pesticides que des les animaux herbivores nourris seulement d’herbe et de foin.

Dans les élevages intensifs,  les conditions d’élevage et d’alimentation font que la chair des animaux concentre plus rapidement les pesticides tout au long de leur vie qu’une vache broutant de l’herbe. Cette situation survient pour deux raisons. Tout d’abord, les élevages intensifs favorisent une croissance et un engraissement accélérés des animaux, générant un surmenage important et permanent de leur organisme responsable d’une plus faible capacité d’élimination des pesticides.

Ensuite, l’alimentation des animaux dans les élevages industriels n’a plus rien à voir avec leur alimentation normale. Par exemple, un bœuf qui consomme une nourriture normale mange de l’herbe et du foin. Un bœuf d’élevage industriel est nourrit avec des céréales (blé, maïs, orge…), des tourteaux (de soja, de tournesol, de colza), de la pulpe et des tourteaux de betteraves, des corn flakes et dans le pire des cas, comme cela s’est déjà passé, de farines animales. Le but étant de fournir aux animaux une alimentation leur permettant d’obtenir une croissance soit accélérée. Les farines animales et les céréales font des animaux herbivores des animaux omnivores ce qui participe à les élever dans la chaîne alimentaire. Par conséquent, il est normal qu’avec ce type d’alimentation les animaux d’élevage intensif donnent une viande contenant des concentrations élevées de pesticides. Il apparait d’ailleurs que les animaux d’élevage intensif sont plus fragiles et plus malades que les animaux élevés autrement.

Vous aviez peut-être encore à l’esprit que les farines animales étaient interdites depuis plus d’une décennie avec la crise de la vache folle. Malheureusement, l’appât du gain, qui est toujours plus fort que celui de la santé publique. L’Europe réfléchit actuellement à la réintroduction de ces farines avec pour condition majeure qu’elles ne proviennent pas d’animaux ruminant. Nous avons bien avancé. Avant un bovin était susceptible de manger des farines provenant de différents animaux dont les bovins, et maintenant il pourra manger des farines de poisson ou contenant des chiens ou encore d’autres animaux. C’est vrai que nous voyons très souvent un bœuf dans son environnement naturel, consommant un beau poisson entre deux rations d’herbe !

Un steak de pesticides ou presque

Beaucoup de pesticides sont lipophiles. Ils se stockent et se concentrent donc dans les tissus gras des animaux quand leur organisme ne possède plus une capacité suffisante pour les éliminer. Les tissus maigres, même s’ils contiennent des taux plus faibles, ne sont pas pour autant épargnés. Surtout que les méthodes d’élevage intensif engendrent une viande plus grasse au sein de laquelle il n’est pas toujours possible de retirer le gras puisqu’il se retrouve parsemé dans les muscles : la viande est dite persillée. Enfin, il faut conserver à l’esprit qu’avec les méthodes modernes d’élevage, les animaux d’élevage sont beaucoup plus gras qu’il y a un siècle ou deux, mais aussi beaucoup plus gras que les animaux sauvages.

En prenant en compte l’alimentation moderne, 55% de pesticides que nous absorbons proviennent de la viande. La National Research Council of National Academy of Science a montré, après l’analyse de nombreux aliments que la viande de bœuf représente l’aliment contenant plus de pesticides que n’importe quel autre aliment vendu aux Etats-Unis. Il faut également faire attention à toutes les charcuteries qui sont souvent très grasses et concentrent par conséquent les pesticides. C’est sûrement une des causes des problèmes de santé liés à une forte consommation de charcuteries.

Le phénomène de bioaccumulation se poursuit également chez l’homme de manière plus ou moins importante selon le mode alimentaire. Les personnes qui consomment de la viande concentrent dans leur corps beaucoup plus de pesticides que les végétariens. Parmi les personnes qui mangent de la viande, celles qui en mangent tous les jours voire deux fois par jour risquent bien plus d’intoxiquer leur corps aux pesticides que celles qui en consomment trois fois par semaine. Dans ces deux cas, les premières se trouvent plus haut dans la chaîne alimentaire que les dernières.

Quand on passe sous silence la quantité de pesticides contenue dans les viandes « issues d’élevage industriel » ou qu’on minimise leur concentration, alors que de simples analyses d’urine ou de sang chez l’homme permettent d’en détecter l’ampleur, je suis septique. Je dirai même, pour reprendre une expression de l’humoriste Anne ROUMANOFF, « on ne nous dit pas tout ». On pourrait presque imaginer qu’on essaie de nous cacher des choses. Pour illustrer le niveau d’exposition aux pesticides, une étude, parue dans le New England Journal of Medecine du 26 mars 1981, montrait déjà à cette époque que le lait maternel des femmes végétariennes contenait beaucoup moins de pesticides que celui des femmes qui consommaient de la viande. Ces dernières pouvaient avoir une concentration jusqu’à 35 fois plus élevée [1].

La viande contient bien plus de pesticides que les végétaux. Alors pourquoi ne nous en parle-t-on jamais ? Tout simplement parce qu’il serait très mal vu sur le plan commercial de dire que la viande représente notre principale source d’exposition aux pesticides.

Quand on s’aperçoit des dégâts que les pesticides font sur l’état sanitaire des animaux, l’effet sur notre santé devrait nous préoccuper au moins un petit peu. D’autant plus, que nous connaissons aujourd’hui les effets des pesticides sur l’homme avec les problèmes de santé qui surviennent fréquemment chez les agriculteurs.

Les pesticides sont des molécules lipophiles qui se concentrent de les tissus adipeux ainsi que dans certains organes (foie, reins, glandes surrénales, cerveau). Par conséquent, la toxicité des pesticides se localise plus dans ces organes et participe sur le long court à leur dégénérescence prématuré donc au développement de maladies (perturbations hormonales, cancers, maladie de Parkinson…). Pour limiter les risques sanitaires, il n’est plus un secret qu’il préférable d’éviter le plus possible l’exposition aux pesticides.

Il est vraiment temps de prendre conscience que les pesticides ne pas associés qu’aux fruits et légumes. Tous les aliments sont concernés et  certains le sont beaucoup plus que d’autres. A titre de comparaison, dans notre alimentation occidentale moderne 55% des pesticides que nous ingérons proviennent de la viande, alors que moins de 10% sont apportés par les fruits, les légumes et les céréales [1]. Lewis REGENSTEIN, président du interfaith Council for the Protection of Animals and Nature, nous dit que «  A cause du phénomène de bio-concentration, la viande contient 14 fois plus de résidus de pesticides que les végétaux ».  Selon les sources, la concentration en résidus de pesticides dans la viande évoluerait entre 10 à 14 fois celle des végétaux.

N’attendez pas d’être malade pour changer vos habitudes alimentaires. La prévention reste encore et toujours la meilleure arme contre les maladies graves. Prendre conscience qu’il existe des dangers et les identifier permet de pouvoir faire des choix éclairés pour protéger au mieux sa santé. Les pesticides présents dans la viande devraient vraiment retenir notre attention surtout que la consommation de viande dans les pays occidentaux est beaucoup trop importante.

Alors que faire ?

Il est temps de prendre des mesures qui ne sont pas forcément des mesures coûteuses. Il s’agit de changer ou au moins de modifier certaines habitudes qui ont des impacts préjudiciables à notre santé. Manger bio représente un comportement indispensable pour absorber moins de pesticides. Malheureusement, tout le monde n’a pas la possibilité de s’approvisionner en aliments provenant de l’agriculture biologique. Il est possible de réduire fortement son exposition aux pesticides même si nous n’avons pas la possibilité de manger bio. Diminuer sa consommation de viande devient une démarche indispensable, particulièrement lorsque cette dernière provient d’animaux élevés en batterie ou ne consommant pas ou très peu d’herbe. Alors sans devenir végétariens, chose que peu de personnes sont encore prêtes à faire, nous pouvons limiter notre consommation de viande à trois fois par semaine, ce qui représente déjà un grand changement pour lequel votre corps vous sera très reconnaissant.

 

Source :

[1] Livre de john robbins en anglais « diet for a new america » ou en français « Se nourrir sans faire souffrir » pour lequel il a reçu le prix Poulitzer.

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À propos

Raphaël Perez

Auteur de 5 livres sur l'alimentation et la santé naturelle
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Commenter cet article

Miot Josiane 24/07/2015 09:12

Les paysans qui manifestent , on peut les comprendre mais quelque part , ils participent également à cette dégradation !!!

Raphaël 24/07/2015 21:17

Ils y contribuent lorsqu'ils agissent sans conscience de l'impact des gestes qu'ils réalisent, malheureusement trop souvent à des fins commerciales.

dav 21/05/2015 20:45

dommage que vous n'ayez qu'un livre pour source, une étude indépendante serait un meilleur point d'appui...

invite 24/06/2014 17:30

Vous mangez quoi vous? Rien?

Raphaël Perez 04/07/2014 21:40

Bonsoir,
Un peu agressive comme formulation de question. Vous trouverez la réponse dans la vidéo Mon alimentation rubrique Questions/Réponses