Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Blog du Dr Raphaël Perez

"Prendre sa santé en main" "Créer une meilleure qualité de vie"

La chasse aux graisses n'est pas la solution minceur

La chasse aux graisses n’est pas la solution minceur

Beaucoup de personnes font régulièrement très attention à ce qu’elles mangent au quotidien pour essayer de mincir ou de ne pas grossir. Outre les régimes amaigrissants déséquilibrés faits par période pour tenter de perdre du poids rapidement, ces personnes ont souvent une hantise du gras. Ce dernier est alors considéré comme un véritable ennemi. La chasse aux graisses est ouverte. Elle ne serait pas problématique si elle n’aboutissait pas à des carences alimentaires et à l’apparition de troubles du comportement alimentaire.

Les graisses représentent le nutriment énergétique le plus calorique. Un gramme de lipides fournit 9 kcal, alors qu’un gramme de protéines ou de glucides fournit 4 kcal. La densité énergétique bien plus importante a beaucoup desservie les graisses. Récemment, presque tous les scientifiques, médecins, nutritionnistes et diététiciens pensaient encore que l’apport calorique était déterminant dans la régulation du poids. Cette idée est très par conséquent encore omniprésente dans l’esprit des personnes qui veulent maigrir.

S’il est vrai qu’une personne a plus de risque de prendre du poids en consommant quotidiennement 2 500 kcal plutôt que 2 000, la théorie des calories est beaucoup trop simpliste et montre ses limites dans de très nombreux cas. Je vous donne deux exemples qui illustrent parfaitement mes propos.

Exemple 1 : Une personne en surpoids commence à faire attention son alimentation ou plutôt aux calories qu’elle consomme. Elle mange de plus en plus de produits light et allégés, elle remplace le beurre par la margarine. Pour mettre plus de chance de son côté, elle décide de faire de la course à pied tous les jours. Malheureusement, elle déteste faire du sport et son surpoids l’a fait souffrir pendant l’effort. Après 1 mois d’effort, elle a seulement perdu 2 kilos. Espérant perdre plus de poids au cours de ce mois, elle se décourage et ne court plus que deux fois par semaine. Elle continue son alimentation allégée. Au bout de 3 mois, elle n’a perdu que 2,5 kg, mais surtout elle n’a plus le moral. Elle a perdu toute envie de faire du sport, elle a perdu de la confiance en elle et ses comportements alimentaires sont considérablement affectés par cette expérience (elle s’autorise moins de sorties avec ses amis, elle ne profite plus autant des repas avec ses amis de peur de manger de mauvais aliments, elle consomme de plus en plus d’aliment light et elle envisage de faire un régime amaigrissant).

Exemple 2 : Une personne faisant 96 kg pour 1,80 m fait un régime hypocalorique sous les conseils d’un professionnel. Son régime fournit 1 200 kcal par jour (un apport alimentaire normal est d’environ 2 000 kcal par jour pour un homme). Elle a suivit cette alimentation pendant 2,5 mois. Le premier mois, elle a perdu presque 4 kg puis son poids n’a pratiquement plus bougé. Après un mois et demi sans perte de poids, elle abandonne sa restriction alimentaire que le professionnel ne voulait pas modifier. Elle consulte alors un autre professionnel qui lui conseille de manger plus, mais surtout de manger mieux (de vrais aliments, ne pas manger toutes les catégories d’aliments au court d’un repas, d’assaisonner les légumes d’huile d’olive ou de noix de première pression à froid et de s’autoriser 2 écarts par semaine (une invitation chez des amis, une sortie au restaurant où elle ne fait pas attention à ce qu’elle mange)). Son nouveau mode alimentaire lui convient beaucoup mieux que l’ancien. Elle se sent plus épanouie, elle a la possibilité de faire des écarts et elle prend plus de plaisir à manger. De plus, son alimentation est moins stressante puisqu’elle n’a plus besoin de peser, de quantifier ; bref d’être en permanence dans la restriction. Avec sa nouvelle alimentation plus calorique, cette personne a perdu 13 kg sur 6 mois puis son poids s’est stabilisé.

La peur des calories et des graisses

La théorie des calories est encore tellement répandue qu’elle fait presque l’unanimité chez les personnes qui souhaitent maigrir. Ainsi, pour limiter l’apport calorique, la chose la plus simple envisagée est encore réduire les graisses. De plus, les graisses ont une mauvaise réputation depuis un demi-siècle suite à la réalisation d’études montrant un lien entre la consommation de graisses saturées, les maladies cardiovasculaires et l’élévation du taux de cholestérol. Nous savons aujourd’hui que les choses ne sont pas aussi simples, mais le mal est fait puisque ces informations ont largement été relayées par l’industrie agroalimentaire qui vend des produits allégés, des margarines et d’autres produits transformés qui contribuent largement au développement des problèmes de poids et de santé.

La peur des graisses n’est pas justifiée, mais elle est largement répandue. En faisant la chasse aux graisses, il est possible de diminuer l’apport calorique. Toutefois, il devient facile de se carencer en vitamines liposolubles (A, D, E, K) et en acides gras essentiels. Ces carences, déjà fréquentes avec l’alimentation moderne industrielle, s’aggrave largement en restreignant les graisses tout en conservant ce mode alimentaire. Les carences sont toujours associées à un moins bon fonctionnement de l’organisme et prédispose au développement de problèmes de santé.

Il est plus judicieux de faire un choix qualitatif des graisses consommées à la place de chercher à diminuer la quantité de graisses sans changer de mode alimentaire. En effet, une alimentation industrielle allégée en gras ne sera jamais bonne pour la santé. Elle est composée d’aliments raffinés, transformés qui n’apportent plus rien d’intéressant à l’organisme. Au cabinet, je rencontre souvent des personnes qui n’ont pas une alimentation grasse puisqu’elles ne mangent que des aliments allégés. Des chips, des biscuits, des crèmes desserts même allégés ne sont pas des habitudes alimentaires saines. De plus, au-delà des graisses, il n’est pas rare que ces personnes consomment aussi des produits light pour limiter l’apport de sucre. Il n’est pas possible d’avoir une alimentation saine sans carence en ayant une base alimentaire de produits industriels allégés en gras et light.

Des troubles du comportement alimentaire

La chasse aux graisses et aux calories peut s’avérer problématique sur le plan psychique. Beaucoup de personnes effectuant cette chasse finissent par être obnubiler par tout ce qui est susceptible de les faire grossir. Elles se sentent mal lorsqu’elles ne contrôlent pas ce qui se trouve dans leur assiette (restaurant, invitation, repas de famille). La restriction qu’elles s’imposent engendre souvent à un état de frustration important, qui aboutit lui-même à des compulsions alimentaires (même avec des produits allégés et light). Ensuite, il est courant de culpabiliser et de se priver encore plus.

Je rencontre aussi d’autres situations : des personnes qui font tellement attention qu’au moindre écart, elles se font vomir. D’autres qui ont tellement peur de grossir, qu’en plus de faire la chasse au gras, elles mangent très peu au point de se sous-alimenter.

Tous ces comportements alimentaires ne sont pas sains. L’homme doit manger pour se nourrir et pas pour vivre dans la privation, la frustration et la culpabilité. Il n’est pas normal de manger puis de se forcer à vomir, ni d’avoir une telle peur de prendre du poids qu’on se sous-alimente complètement. Ces comportements pour tenter de mincir ou de ne pas prendre du poids, aboutissent presque toujours à un mal-être psychique et dans un certain nombre de cas au développement de problèmes de santé pouvant être graves.

Des vrais aliments pour mincir sainement

Il est beaucoup plus facile de mincir et de conserver ensuite son poids de forme en adoptant un mode alimentaire basé sur des vrais aliments. Ces derniers sont des aliments très peu ou pas transformés. Ce sont des aliments qui sont les plus riches en nutriments indispensables à une bonne santé (vitamines, minéraux, antioxydants, acides gras et acides aminés essentiels).

Parmi les vrais aliments, nous trouvons des aliments gras fournissant de très bonnes graisses. Je pense principalement aux fruits oléagineux (noix, noisettes, amandes…) non grillés et non salés et aux huiles de noix et de colza vierge de première pression à froid. Ces bonnes graisses sont principalement des graisses crues insaturées et même polyinsaturées. A l’inverse, les produits transformés contiennent souvent beaucoup de graisses saturées et plus problématiques des graisses transformées par la cuisson et l’hydrogénation. Le cocktail d’ingrédients des produits industriels est encore plus grave pour le poids que les graisses qu’ils contiennent. En effet, sel, sucre, graisses transformées, farines raffinées, édulcorants et autres additifs alimentaires contribuent à la rétention d’eau, au stockage des graisses, à une addiction alimentaire, à un encrassement de l’organisme et en cas de consommation importante un déséquilibre hormonale par production excessive d’insuline.

 

Il est indispensable de concevoir l’alimentation pour ce qu’elle est : nous mangeons pour nous nourrir et notre alimentation revêt un caractère social et de plaisir. Manger pour se nourrir implique de consommer des vrais aliments, nutritifs pour notre corps. Se priver en permanence est très désociabilisant. Prendre du plaisir à manger est différent de se remplir pour ne pas être mal. Le plaisir de manger, c’est apprécier ce qu’il y a dans son assiette, savourer les aliments consommés, se sentir bien à la fin du repas (sans lourdeur et autre problème digestif), sortir de table en étant content d’avoir mangé et d’avoir partagé un repas même simple avec des personnes avec qui on se sent bien.

Pour mincir de façon durable, il est convient de s’éloigner le plus possible des produits industriels et de retrouver les vrais aliments dans son assiette. Ce n’est pas le seul élément permettant de mincir, mais au-delà de la perte de poids, les vrais aliments sont promoteurs d’une bonne santé. En mangeant mieux, il est possible de manger plus ou plus gras et de mincir. Les calories ne font pas tout, il serait temps de s’en rendre compte.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

À propos

Raphaël Perez

Auteur de 5 livres sur l'alimentation et la santé naturelle
Voir le profil de Raphaël Perez sur le portail Overblog

Commenter cet article

Sebastian 20/11/2012 09:01

Bonjour ! Merci pour l'article très intéressant !
Il faut que je le montre à une amie :)

Raphaël 21/11/2012 09:22



Merci pour votre commentaire et pour votre contribution à  diffuser l'information.