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Qui est Raphaël PEREZ ?

Dr Raphaël Perez
Docteur en pharmacie, Nutritionniste, expert en santé naturelle et en jeûne

Coach de motivation et accélérateur de réussite

Consultation sur rendez-vous par téléphone ou visiophone (skype) depuis 2011.

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Description : suivis personnalisés pour obtenir une hygiène de vie et alimentaire plus respectueuse de son corps et de son mental

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 14:54

Le poisson est-il vraiment bon pour la santé ?

Tout autour de la planète, la consommation de poisson a considérablement augmenté. En Europe, la consommation a augmenté de plus de 10% en dix ans. En France, elle a doublé en 1960 et 2005. Les recommandations nutritionnelles et l’incitation industrielle n’y sont pas étrangères. Pour les recommandations nutritionnelles, la consommation de poisson est principalement associée à une meilleure santé cardiovasculaire et cérébrale. Alors les industriels innovent pour produire du poisson à faible coût qu’ils peuvent revendre à un prix élevé. Pour faire face à la forte augmentation, de plus en plus de poissons proviennent d’élevage.

Selon les prévisions de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la moitié des poissons consommée dans le monde proviendrait d’élevage. Les poissons d’élevage sont de plus en plus consommés, même si les consommateurs estiment que le poisson sauvage a plus de goût et qu’il est meilleur pour la santé. Qu’en est-il réellement ?

 

Certaines études mettent en avant qu’il n’y a pas de différences de goût, ni de qualité nutritionnelle entre les poissons sauvages et d’élevage. J’ai tendance à penser que ces études sont sponsorisées par l’industrie de la pisciculture. En effet, des méthodes d’analyses mettent clairement en avant des différences entre les deux. Le poisson sauvage est plus maigre que le poisson d’élevage car il n’est pas engraissé et il se nourrit normalement. La chair du premier contient plus d’acides gras oméga-3, moins d’oméga-6 et de graisses saturées que celle du second. C’est exactement la même comparaison entre un bœuf élevé en plein air et nourrit à l’herbe, et un autre élevé principalement dans un hangar et nourrit avec du maïs et du soja. Le rapport oméga-6/oméga-3 est très important pour une bonne santé. Une augmentation des oméga-6 et une diminution des oméga-3 prédisposent au développement d’un état inflammatoire, retrouvé dans de nombreuses maladies chroniques.

En 2010, le centre d’essai de 60 millions de consommateurs montrait la différence de composition entre les poissons sauvages et d’élevage. Le bar sauvage contient moins de 1% de graisses quand le bar d’élevage en contient 6,6%, le turbot sauvage 0,5% contre 1,5% pour le turbot d’élevage, la dorade royale sauvage 0,4% et celle d’élevage 6,9%, le saumon d’élevage 15,3%. Pour le saumon d’élevage, un taux de graisses un peu plus faible est parfois relevé, de l’ordre de 12%. Il reste bien supérieur à celui du saumon sauvage d’environ 8%. Je pourrai poursuivre la liste mais la situation est toujours la même.

 

Voici comment sont élevés les poissons qui se retrouvent de plus en plus sur les étals. Les poissons sont entassés dans des cages grillagées en eau douce ou en mer. Dans de nombreux élevages, il y a souvent 40 à 60 kg de poisson par mètre cube. Pour comparaison, c’est la même chose que d’avoir 27 truites dans une baignoire. Une telle concentration n’est pas sans conséquence. Les poissons s’occasionnent des blessures (nageoires, queue), mais ce n’est pas tout. La température de l’eau n’est plus adéquate, la teneur en oxygène dissous dans l’eau devient insuffisante, le pH de l’eau évolue vers des valeurs extrêmes (mortel pour les organismes vivants), le rejet important de gaz toxiques (ammoniac, hydrogène sulfuré).

La forte promiscuité et les méthodes d’élevage intensives sont favorables au développement de maladies. La FAO précise d’ailleurs que « les maladies nutritionnelles deviennent d’autant plus courantes que le système d’élevage devient plus intensif et que les poissons satisfont moins leur besoins nutritifs à partir d’organismes naturels ». Les poissons sont infestés de parasites ou de bactéries pathogènes qui leur occasionnent des lésions externes ou internes. Pour lutter contre eux, des antibiotiques et des pesticides sont largement utilisés. Sur le plan écologique, c’est une catastrophe puisque les produits se répandent ensuite autour des cages et contaminent l’eau et les espèces qui y vivent. De plus, les poissons élevés sont principalement des espèces carnivores (saumon, truite, daurade, turbot, bar, carpe) avec un impact écologique et sanitaire négatif. Ils sont nourris en partie avec des farines et des huiles de poissons sauvages. Il faut 4 à 6 kg de sardines ou d’anchois pour produire un kilo de saumon d’élevage. La pisciculture était pourtant censée apporter une réponse à la surpêche. Selon Daniel Pauly, ancien directeur du centre des pêches de l’université de Colombie-Britannique, « L’industrie de la pisciculture est loin d’être une panacée, elle ne crée pas de ressources nouvelles et, au contraire, amplifie la crise ». L’élevage de poisson entraine ainsi des déséquilibres de la chaîne alimentaire dans les zones de pêche intensive. Sur le plan sanitaire, les poissons en bout de chaîne alimentaire, les poissons carnivores sont beaucoup plus pollués que les poissons en bas de la chaîne alimentaire. Cette pollution a un impact sur notre corps.

A force de traiter massivement les poissons, les bactéries et les parasites développent des résistances. Par exemple, en Norvège la résistance du pou de mer, qui affecte les élevages de saumons, est telle que les services sanitaires ont autorisés l’utilisation du diflurobenzuron, un pesticides interdit en Europe dans les milieux aquatiques. Comme la Norvège fait partie de l’Espace Economique Européen, les poissons contaminés par ce produit, normalement interdit, peuvent circuler librement et se retrouver dans notre assiette.

Les conditions extrêmes de l’élevage intensif occasionnent beaucoup de dégâts sur les espèces élevées. Les statistiques officielles mentionnent des taux de mortalité de 10 à 30%, ce qui est très élevé. Les poissons d’élevage qui ne sont pas morts en raison des conditions d’élevage sont généralement blessés ou malades. Ce sont des animaux qui ne devraient pas entrer dans la chaîne alimentaire de l’homme. Il y a encore quelques décennies, ils n’auraient pas été commercialisés. Les industriels vendent des produits qui devraient être considérés comme des déchets pour gagner le plus d’argent possible. Au-delà du poisson d’élevage, les exemples sont nombreux. Le soja ajouté dans certains steaks hachés, les tourteaux donnés aux animaux d’élevage, la pulpe de betterave dans les croquettes pour chien, les carcasses et cartilages de poulet dans beaucoup de nuggets industriels, les os et cartilages de porc certaines charcuteries, etc. Nous sommes bien loin des produits consommés dans les régimes alimentaires traditionnels réputés bénéfiques pour la santé.

 

La consommation de poisson d’élevage représente une aberration sur le plan écologique, mais également sur le plan économique et sanitaire. Peut-on se fier à l’appellation poissons sauvage ? Les fraudes les plus fréquentes concernent l’étiquetage du saumon et des filets. Des saumons d’élevage sont abusivement étiqueté sauvage. Pour les poissons en général, la présentation sous forme de filet est propice à la fraude puisqu’il est plus difficile d’identifier les espèces. En 2001, 60 millions de consommateurs a identifié plus de deux tiers de fraudes sur les filets de poissons frais. De son côté, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), dénonce 10 à 20% de fraudes en incluant les poissons surgelé qui, selon les spécialistes, font l’objet d’un étiquetage beaucoup plus rigoureux.

 

Il est difficile de s’y retrouver et une part importante du poisson consommé est de médiocre qualité. Doit-on réellement consommé du poisson pour sa santé ? Les recommandations nutritionnelles incitent à consommer encore plus de poisson. Pourtant, il n’a jamais été démontré qu’on vivait en bonne santé en consommant beaucoup de poisson. Les études montrent que les personnes qui consomment du poisson régulièrement sont en meilleure santé que celles qui n’en consomment pas. Cependant, les personnes qui ne consomment pas de poisson mangent d’autres aliments et il s’agit souvent de viande.

L’information, concernant le poisson, est généralement mal expliquée par les médias et mal comprise par les consommateurs. Les études scientifiques ont montré que la consommation de poisson par rapport à la consommation de viande est préférable pour la santé. La viande est plus grasse que le poisson, les graisses du poisson sont meilleures pour la santé. Le poisson est préférable à la viande, mais cela ne veut pas dire qu’il est forcément bon pour la santé.

 

Selon l’afssa, un français adulte consomme en moyenne quotidiennement 26,5 g de poisson et un enfant 18,3 g. Ces quantités ont peut-être l’air faible pour certains, mais il faut savoir que ces valeurs sont plus importante que dans le régime traditionnel crétois (18 g/ j) et celui des habitants de l’île d’Okinawa (15 g/ j). C’est deux modes alimentaires sont réputés pour vivre et vieillir en bonne santé. Les études ont montré que l’état de santé est d’autant plus positif que l’alimentation est proche du mode alimentaire traditionnel. Les crétois qui vivent à l’intérieur des terres, en ayant conservé l’alimentation traditionnelle, mangent très peu de poisson, moins d’une fois par semaine, et ils restent en très bonne santé jusqu’à un âge avancé. L’incitation à une consommation de poisson régulière et importante repose plus sur un intérêt commercial que sanitaire.

Pour choisir du poisson de qualité et favoriser votre santé :

  • Privilégiez le poisson sauvage ; 
  • Achetez des poissons entiers que vous préparez et que votre poissonnier prépare devant vous ; 
  • Pensez aux poissons surgelés ; 
  • Ne vous sentez pas obligé de consommer du poisson au risque de retrouver un produits de très mauvaise qualité qui ne devrait jamais finir dans votre assiette ; 
  • Limitez la consommation cumulée de viande et de poisson à trois fois par semaine, maximum quatre puisqu’une portion est généralement importante (généralement 150 à 200 g) ; 
  • Accompagnez votre poisson de légumes.

Sources

World aquaculture 2010, FAO. ISSN : 2070-7010. http://www.fao.org/docrep/014/ba0132e/ba0132e.pdf  

Interview de Daniel Pauly pour l’express http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/thon-rouge-les-politiques-n-utilisent-pas-la-base-scientifique_846651.html  

La Protection Mondiale des Animaux de Ferme (PMAF) www.pmaf.org  

Prévention et traitement des maladies des poissons par la FAO ftp://ftp.fao.org/fi/CDrom/FAO_Training/FAO_Training/General/x6709f/x6709f15.htm  

Méthodes de différenciations poissons d’élevage / poissons sauvages. Ifremer, mars 2010 – v1.  http://www.bibliomer.com/documents/fiches/fiche_ensavoirplus_lien_methodes_sauvage-elevage_vf.pdf  

Asie-Pacifique J Clin Nutr (2001) 10 (2): 159-164

Caloric Restriction, the Traditional Okinawan Diet, and Healthy Aging. Ann NY Acad Sci (2007) 1114: 434-455

 

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Publié par Raphaël - dans Alimentation
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commentaires

Tom 02/01/2015 16:38

Bel article, merci!

celine 21/01/2013 16:54

Il me semble que David Servan-Schreiber recommandaient les petits poissons (sardine, maquereau...) car ils sont au début de la chaîne alimentaire, donc moins pollués que les gros (pétrole, métaux
lourds...). Il semblerait que ces poissons aient une teneur élevée en oméga 3.

Raphaël 22/01/2013 07:10



Oui, tout à fait, il les recommendait bien pour ces raisons. C'est sont vraiment les poissons les plus intéressants à consommer.