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Blog du Dr Raphaël Perez

"Prendre sa santé en main" "Créer une meilleure qualité de vie"

Maladies chroniques et influence génétique 1ère partie

On entend de plus en plus de chose sur l’importance de nos prédispositions génétiques dans le développement des maladies. Les relais certaines informations de  la recherche génétique et ils nous nous disent que les gènes influences fortement de nombreuses pathologies surtout celles qui sont chroniques. On pense souvent que pour toutes ces maladies ou presque la place des caractères génétiques est tellement grande qu’elles sont généralement inévitables. On imagine généralement, lorsqu’une de ces pathologies se développent, qu’il faut vivre avec jusqu’à la fin de sa vie. Qu’entend-on par maladie génétique et par maladie à influence génétique ? Qu’elle est la place de la génétique dans le développement des maladies chroniques ? Que nous disent les recherches génétiques ? Que faire lorsque nous développons une maladie où l’influence génétique est considérée comme importante ?

Maladie génétique ou à influence génétique ?

Une maladie génétique est une maladie qui est due soit à la transmission d’anomalies ou tares chromosomiques à la descendance lors de la formation de l’œuf issu d’un ovule et d’un spermatozoïde, soit à des altérations chromosomiques majeures liées au mode de vie (exposition à des rayonnements, à des poisons…).  Elles sont responsables d’un défaut de fonctionnement de certaines cellules de l’organisme. L’activité et la fonction de chaque protéine synthétisée par les cellules est déterminée par l’information génétique. Le dysfonctionnement est présent mais il n’est pas toujours visible rapidement selon son importance.

Les maladies génétiques reviennent fréquemment dans une famille. Lorsque des tares génétiques importantes sont présentes, une bonne hygiène de vie améliore les conditions vie du malade mais l’influence environnementale reste limitée donc son impact sur le malade également. Au contraire lorsque les anomalies génétiques n’ont pas un caractère dominant l’influence de nos comportements de vie peut être très importante. Lorsque notre mode de vie est plus respectueux de nos corps, il contribue à retarder l’apparition de la maladie et à limiter son développement.

Pour de nombreuses maladies graves ou chroniques, il est de bon ton de parler de l’importance génétique favorisant le développement de ces maladies. Cette vision contribue trop souvent à déresponsabiliser les malades qui pensent que leur hygiène de vie et surtout leur alimentation n’a pas une grande influence. Ils prennent souvent des médicaments sans imaginer que d’autres choses participent tous les jours activement à la détérioration de leur état de santé.

Que nous apprennent les recherches scientifiques ?

Actuellement, des efforts énormes sont mis en œuvrent pour connaître le rôle de chaque gêne et pour découvrir qu’elles sont les variantes de certains gènes qui auraient un lien avec chaque maladie.

Beaucoup de personnes ont déjà entendu qu’un, deux ou trois gènes sont retrouvés fréquemment chez les diabétiques ou chez les obèses ou encore dans l’expression de certains cancers. Malheureusement, peu savent que notre environnement, notre mode alimentaire, les différents stress que nous vivons sur le plan professionnel, personnel…, ainsi que d’autres facteurs encore influencent l’expression de ces gènes.

Par exemple, de nombreuses observations scientifiques ont montré que l'adoption de l'alimentation de type occidental à la place de l’alimentation traditionnelle par des populations est responsable du développement de maladies de civilisation. Chez ces populations, on assiste en effet à une véritable épidémie d'obésité, de diabète non insulinodépendant et de pathologies cardio-vasculaires jusque-là pratiquement inconnues et surtout réservées aux personnes riches qui mangeaient déjà à l’occidentale. Les changements alimentaires rapides qui ce sont produits tout autour de la planète donne un aperçu accéléré des conséquences de cette évolution nutritionnelle. Leur nouvelle alimentation est le domaine le plus important responsable du développement des maladies dégénératives.

 

Voici des conclusions flagrantes qui permettent d’observer l’importance de l’alimentation par rapport à l’influence de la génétique. Des enquêtes prospectives nationales et internationales, regroupant un grand nombre d'individus, ont établi des corrélations entre de nombreuses pathologies et l'alimentation des différentes populations mondiales (Joyeux H., Riboli E., De Thé G.). Aujourd’hui, nous savons que la descendance des populations migrantes, présentes dès leur seconde génération hors de leurs frontières, possèdent une morbidité proche de celle des populations d'accueil. Elles développent les mêmes maladies que leur population d’accueil quand celles-ci sont peu fréquentes dans le pays d’origine ou alors l’incidence des troubles sanitaires diminue si elle est plus élevée dans le pays d’origine.

Par exemple, les cancers du colon et de la prostate, rares au Japon, touchent la descendance des populations japonaises des USA avec autant de sévérité que les Américains. De même pour le cancer du sein, rare au Japon mais fréquent dans la descendance des femmes japonaises vivant aux USA. Dans le même temps la prévalence des cancers de l'estomac et du foie, fréquents au Japon, diminue fortement chez les Japonais émigrés aux USA.

 

Le constat est le même pour d’autres cancers et pour d’autres maladies (diabète de type 2, maladie cardiovasculaire, obésité (Kromhout D.). Les médias nous disent que plusieurs facteurs de risques contribuent à l’athérosclérose. On entend souvent l’influence des mauvaises graisses mais aussi des prédispositions génétiques qui auraient un impact non négligeable. Pourtant, des études sur les populations migrantes montrent que la part attribuable à la génétique est faible.

 

Pour ne parler que d’une étude parmi toutes celles qui existent sur cette situation, je citerai l’étude « Ni Hon San » [1, 2] qui a comparé trois groupes de personnes de même origine ethnique, à savoir japonaise rurale. Le premier groupe vivait de manière traditionnelle au Japon, le second comportait des japonais émigrés à Hawaii et vivant avec un mode de vie en partie occidentalisé, le troisième comptait des japonais installés en Californie (San Francisco) avec un mode alimentaire occidentalisé (à l’américaine). Les résultats de cette étude montrent que la maladie coronarienne est très rare dans le groupe vivant encore au Japon. Le groupe de japonais émigrés en Californie est trois fois plus touché par cette pathologie, alors que celui installé à Hawaii subit un développement de troubles coronariens intermédiaire. Qu’elles sont les conclusions ? Chez les personnes de même origine ethnique, dont les prédispositions génétiques sont similaires, le développement des maladies coronariennes peut être important ou très faible selon l’hygiène de vie. Ce n’est donc pas l’aspect génétique qui influence l’accroissement actuel de nombreuses maladies mais principalement une mauvaise alimentation. Cette dernière est de plus en plus riche en produits animaux, elle comporte des pesticides et des additifs alimentaires, elle apporte peu de fruits et de légumes, et tous les aliments sont mélanges au cours d’un repas. A cela s’ajoute, les repas pris dans la précipitation, la suralimentation, mais aussi le manque d’activité physique, la consommation importante de médicaments, de tabac, d’alcool, de café et d’autres excitants. Aucun de ces éléments n’est influencé par les prédispositions génétiques. Nous pouvons donc facilement agir par nos comportements de tous les jours pour participer à l’amélioration de notre état de santé.

 

Ces résultats ne sont pas isolés, beaucoup d’études montrent qu'en adhérant aux coutumes et aux habitudes culturelles de leur pays d'accueil, les émigrés acquièrent en même temps une susceptibilité à développer les mêmes pathologies que celles qui touchent la population locale.

 

Toutes les études faites sur les populations qui migrent d’un pays à un autres ont permis de démontrer une chose très importante. Les émigrés, en délaissant l’alimentation de leur pays d’origine pour celle de leur pays d’accueil, modifient leur risque de développer des maladies chroniques dans des proportions proches de celles de la population du pays d’accueil. La progression de nombreuses maladies n’est pas du à des facteurs génétiques mais plutôt à des modifications importantes du mode de vie.

Les maladies de civilisation regroupent le diabète de type 2, l’obésité, des cancers, les maladies cardiovasculaires, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, les troubles articulaires, l’ostéoporose, la maladie de Crohn ainsi que de nombreuses autres. Pour toutes ces pathologies, les mêmes aliments se retrouvent incriminés : le sucre, les produits animaux et la viande principalement, l’alcool, les céréales raffinées (pain blanc, pâtes blanches, riz blanc…), le café et les autres produits excitants, le lait. Les fruits et les légumes sont systématiquement mis en avant pour les effets bénéfiques qu’ils apportent. Alors doit-on penser que notre génétique nous joue de mauvais tours ou qu’il faut tout simplement retrouver une bonne hygiène alimentaire. Vous avez une grande responsabilité dans notre hygiène de vie.

Vous êtes les acteurs de votre santé, alors prenez votre santé en main car personne ne le fera à votre place

Maintenant que nous savons que la génétique n’est pas, et de loin, le paramètre le plus important des maladies, à l’exception des vraies maladies génétiques, nous allons voir plus précisément ce qu’il se passe dans la seconde partie de cet article. Il sera mis en ligne dans quelques jours.

[1] Kato H, J Tillotson, Nichaman MZ, Rhoads GG, Hamilton HB. Epidemiologic studies of coronary heart disease and stroke in Japanese men living in Japan, Hawaii and California: serum lipids and diet. American Journal of Epidemiology (1973) 97:372-85.

[2] Robertson TL, Kato H, Rhoads GG, et al. Epidemiologic studies of coronary heart disease and stroke in Japanese men living in Japan, Hawaii and California. Incidence of myocardial infarction and death from coronary heart disease. American Journal of Cardiology (1977) 39:239-43.

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À propos

Raphaël Perez

Auteur de 5 livres sur l'alimentation et la santé naturelle
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ameli 25/01/2012 12:40

Merci de nous avoir apporter plus d'explication à propre de ces maladies génetiques. Comment on fait pour ne pas les attraper alors?

Raphaël 03/02/2012 09:17



On ne peut pas être sur et certain de ne pas développer ces pathologies, mais nous pouvons contribuer à établir un environnement qui n'est pas propice à son développement. Pour cela il faut avoir
une bonne alimentation et une hygiène de vie qui évite à l'oragnisme de trop se fatiguer et d'entrer dans une phase de fatigue chronique.


Pour l'alimentation, il s'agit d'abord d'avoir une base alimentaire riche en fruits et légumes. Ensuite il faut éviter le plus possible les fortes hyperglycémies. En effet, lors de fortes
hyperglycémies, notre corps produits beaucoup d'insuline, qui agit sur la régulation de plus de 800 gènes. Les ingrédients qui les provoquent sont le sucre, les sirops de glucose et de
glucose-fructose, ainsi que les farines raffinées. Concrètement, il faut éviter le plus possible les sucreries (biscuits, gâteaux, céréales du petit déjeuner industrielles...), le pain blanc et
autre céréales raffinées, consommées seules (pâtes, riz...) ou dans des préparations (pizzas, pain de mie, viennoiseries...). Il est préférable de consommer de aliments bruts ou sous une forme
peu transformé. Cela est valable pour tous les types de produits alimentaires, éviter au maximum les produits industriels.


En ce qui concerne les autres paramètres d' hygiène de vie, les éléments les plus importants sont l'activité physique, la gestion du stress et l'évacuation des émotions bloquées (ou chocs
émotionnels) et le repos. Ce dernier est très négligé dans notre mode moderne. Peu de personnes acceptent de vraiment se reposer. Le repos au-delà du simple repos de la nuit permet de recharger
les batteries de l'organisme et ainsi de retrouver une meilleur capacité de fonctionnement.